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Dernière mise à jour : 01/07/2008

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Le Créateur du Journal de Mickey

En 1928, le journaliste Paul Winckler commercialise en France, par le biais de son agence Opera Mundi (« Œuvres du Monde » en latin), les comics (B.D. nord-américaines) du King Features Syndicate appartenant au magnat de la presse Randolph Hearst : Mandrake le magicien, Pim Pam Poum, Félix le chat, etc. Dans la foulée, les comics strips (comics composés d'une seul bande) de Mickey Mouse, qui vient tout juste d'être créé par Walt Disney, sont publiés quotidiennement dans Le Petit Parisien. Devant le succès rencontré par ce personnage auprès des jeunes et des moins jeunes, Paul Winckler décide de lui consacrer son propre journal.

Le Journal de Mickey, première série

Le premier numéro du Journal de Mickey sort le 21 octobre 1934. Cet hebdomadaire ressemble à un véritable journal : pas de couverture (directement la une avec le titre, des B.D. à suivre et de la publicité), utilisation de papier journal, des pages en noir et blanc (en alternance avec des pages couleurs). A l'intérieur, des jeux, un roman à épisodes, des B.D. Disney et non Disney (Le Père Lacloche, Pim Pam Poum...), et la lettre du Club Mickey rédigée par le fameux Onc' Léon (du nom de Léon See, un des premiers collaborateurs du JDM) qui signera les éditos du journal jusqu'à la fin des années 80. Le Journal de Mickey remporte un vif succès. Six années fastes s'enchaînent, mais le n° 296 du JDM ne sera quasiment pas distribué : le 18 juin 1940, il reste dans les cartons, sur ordre de Paul Winckler, vivement impressionné par l'appel du général de Gaulle qui, depuis Londres, invite le peuple français à résister à l'occupation allemande.

Peu de temps après, l'équipe du Journal de Mickey
se replie à Marseille (zone libre) et sort le n° 297 (22 septembre 1940) sous le titre Le Journal de Mickey et Hop-là ! réunis  (jusqu'alors, Hop-là était une autre parution pour la jeunesse du même éditeur.) Puis, Paul Winckler s'exile aux Etats-Unis où il contribuera à l'effort de propagande antinazie.
Le « nouveau » Journal de Mickey subsiste tant bien que mal (à partir du n° 362, il passe de huit à quatre pages) jusqu'au 477, dernier numéro du journal, paru à peine un mois après la Libération. Les temps sont durs, l'effort est à la reconstruction d'une France indépendante, peu de Français auraient les moyens de procurer à leurs enfants un hebdomadaire pour leurs loisirs quand il est déjà difficile de s'approvisionner correctement. Il faudra attendre mars 1947 pour que paraisse Hardi présente Donald, nouvel hebdomadaire d'Opera Mundi dédié aux personnages Disney et aux comics tels Mandrake le magicien, Pim, Pam, Poum et Flash Gordon. Mais ce journal aura l'air bien austère, à cause des restrictions en encres et en papier de qualité.

Le Journal de Mickey, seconde série

Le 1er juin 1952, le n° 1 du Journal de Mickey (sur-titré « Nouvelle série ») paraît (lire Le Billet d'Onc' Léon - JDM n° 1, 1er juin 1952) aux éditions Edi-Monde (toujours Paul Winckler, mais désormais associé à Hachette) Il comprend seize pages, moitié en couleurs, moitié en noir, blanc et rouge. La formule est fidèle à celle d'avant-guerre, mais les B.D. complètes prennent le pas sur les B.D. à suivre. Son succès est phénoménal : pendant les années 50, il est vendu chaque semaine à 400000 exemplaires ! Tandis qu'Hardi présente Donald disparaît à cause des censeurs puritains et anti-américains qui réussiront également à faire interdire Tarzan à la fin des années 50 et Superman en 1963, le premier hebdomadaire pro-Disney, récupérant des séries phares du défunt HPD et bénéficiant du poids d'Hachette, réussit à s'épanouir avec ses comics de Mickey, Donald, mais aussi Prince Valiant (francisé en « Vaillant », tout de même) ou encore Flash Gordon (rebaptisé « Guy l'Eclair » !)

Expansion

Peu à peu, la production européenne de B.D. consacrée au personnages Disney est encouragée. Même si les planches sont toujours estampillées « Walt Disney », Mickey et ses amis sont désormais le plus souvent dessinés et scénarisés par des Italiens ou des Danois. Le succès est tel que la pagination augmente régulièrement au fil des ans. En août 1973, avec le JDM n° 1103, c'est une nouvelle formule de 56 pages hebdomadaire qui est proposée, avec l'arrivée de nouveaux comics qui vont marquer les mémoires : La Famille Glougloub et Hägar Dünor le viking, pour ne citer qu'eux. De plus, des dérivés du JDM voient le jour : le regretté Spécial Journal de Mickey Géant, qui repropose les B.D. parues dans les anciens numéros du JDM, Le Journal de Mickey hors-série (n° bis) qui deviendra Mickey Parade (puis Mickey Parade Géant depuis janvier 2002), sans oublier Picsou Magazine ou feus Mickey Poche, Almanach du Journal de Mickey et Castors Juniors magazine. Notons que dans les années 80, une version du JDM appelée Donald Magazine est vendue par correpondance. Cette revue présente peu d'intérêt quant à son originalité puisque qu'il ne s'agit que d'une réplique exacte du Journal de Mickey sortant dans le même temps en kiosque, publiée avec une couverture différente.

Modernité

En septembre 1989, le n° 1943 est méconnaissable : nouveau logo (avec un « Mickey » façon tagué), moins de rubriques éducatives, plus de mode, de people... une nouvelle formule qui ne fait pas l'unanimité auprès des lecteurs adultes qui ont connu ce qu'on pourrait appeler l'âge d'or du Journal de Mickey. Mais cette ligne directrice au ton résolument nouveau sera entérinée au début des années 90, lorsque Edi-Monde deviendra Disney Hachette Presse, éditeur exclusif des revues Disney en France. Toutefois, ces dernières années sont marquées par un retour sensible vers l'aspect éducatif du journal, avec des petits articles sur les animaux ou le sport ; mais nous sommes encore loin de la rubrique « Allô Castors Juniors » des années 50 à 80...

Pourtant, force est d'admettre qu'en dépit de ce changement, à ce jour, malgré les difficultés connues par les publications de presse, Le Journal de Mickey reste l'hebdomadaire des jeunes le plus lu en France, avec près de 153000 exemplaires tirés chaque semaine. Alors, bravo à toute l'équipe de la rédaction actuelle !

par Onc' dGé
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